Etty Hillesum

Notre avis :

Parfois la lecture ou la découverte d'un auteur éclaire notre temps d'une lumière particulière.

Ainsi, Etty Hillesum (1914-1943) dans son journal, Une vie bouleversée, tenu de 1941 à 1943, nous parle de sujets dont nous sommes encore aujourd'hui bouleversés.

Par exemple :

"Mais il suffirait d'un seul homme digne de ce nom pour que l'on pût croire en l'homme, en l'humanité." [...] C'est un problème de notre époque. La haine farouche que nous avons des Allemands verse un poison dans nos coeurs. "On devrait les noyer, cette sale race, les détruire jusqu'au dernier" - on entend cela tous les jours dans la conversation, et on a parfois le sentiment de ne plus pouvoir vivre cette époque maudite. Jusqu'au jour où m'est venue soudain, il y a quelques semaines, cette pensée libératrice qui a levé comme un jeune brin d'herbe encore hésitant au milieu d'une jungle de chiendent : n'y aurait-il plus qu'un seul Allemand respectable, qu'il serait digne d'être défendu contre toute la horde des barbares, et que son existence vous enlèverait le droit de déverser votre haine sur un peuple entier.

Cela ne signifie pas qu'on baisse pavillon devant certaines idéologies, on est constamment indigné devant certains faits, on cherche à comprendre, mais rien n'est pire que cette haine globale, indifférenciée. C'est une maladie de l'âme."

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