La maison de ma mère

La maison de ma mère

 

Maison de la naissance, ô nid, doux coin du monde !

Ô premiers univers où nos pas ont tourné !

Chambre ou ciel, dont le coeur garde la mappemonde,

Au fond du temps je vois ton seuil abandonné.

Je m'en irais aveugle et sans guide à ta porte,

Toucher le berceau nu qui daigna me nourrir ;

Si je deviens âgée et faible, qu'on m'y porte !

Je n'y pus vivre enfant ; j'y voudrais bien mourir ;

Marcher dans notre cour où croissait un peu d'herbe,

Où l'oiseau de nos toits descendait boire, et puis,

Pour coucher ses enfants, becquetait l'humble gerbe,

Entre les cailloux bleus que mouillait le grand puits !

 

[...]

 

Marceline Desbordes-Valmore

 

 

 

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